Dans le cimetière de Chaillé-sous-les-Ormeaux, sous une belle pierre de granit encore préservée, repose Louis Rouleau, ancien sergent aux Zouaves pontificaux. Ces Zouaves pontificaux n’étaient pas les Gardes suisses du Vatican, auxquels on les a trop souvent identifiés, mais des volontaires catholiques accourus de tous les points du globe entre 1860 et 1870 pour préserver la souveraineté temporelle du Pape, garante de son autorité spirituelle. Le plus vieil État du monde, en effet, en proie aux assauts répétés de l’armée du roi de Piémont-Sardaigne, soutenu par son bras armé Garibaldi, connaissait alors ses derniers jours. Comme Rouleau, 50 Vendéens ont ainsi répondu à l’appel de Pie IX.
Quand éclate la guerre franco-prussienne, en 1870, 17 de ces anciens Zouaves du Pape poursuivent le combat au sein de la Légion des Volontaires de l’Ouest, formée et commandée par le général de Charette, petit-neveu du célèbre chef vendéen. Bien vite rejoints par d’autres compatriotes, ils s’illustrent à Loigny, le 2 décembre 1870, dans une charge héroïque entrée dans la légende.
Soldats du Pape et de la France, tous ces volontaires se considéraient avant tout comme des Zouaves pontificaux dont ils ont conservé l’uniforme, l’emmenant parfois même dans la tombe. Mais pourquoi la Vendée, qui a su tant se mobiliser pour défendre sa foi sous la Révolution, a-t-elle peiné à recruter des volontaires pour l’Église ? À travers les destins croisés de ces hommes d’exception : paysans, artisans, propriétaires, jeunes, vieux, bocains, maraîchins, plainauds, cet ouvrage fait revivre une page largement méconnue de l’histoire religieuse locale. Il raconte l’engagement de Vendéens qui ont tout quitté pour montrer au monde ce que pouvaient des chrétiens et des hommes de cœur, fidèles au vieux cantique : « Dieu pour sa Cause aura des hommes, tant que vivront les Vendéens ».









